" Soyez Passants " - Evangile selon Saint Thomas

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12/20/2009

Aller à l'encontre

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Pour moi, vivre dans la solution suppose que je trouve le moyen de ne pas vivre dans le problème. Au début de mon abstinence, je me retrouvai souvent en train de vivre le même chaos et la même confusion dans lesquels je me trouvai alors que je buvais. Je ne comprenais pas pourquoi ma vie était encore si non maîtrisée.

Des AAmis m'ont alors dit que je continuai à faire les mêmes choses en attendant des résultats différents. Alors que je ne buvais plus, j'étais encore malhonnête envers moi-même et les autres, égocentrique et trop dépendant des autres (tout en nourrissant du ressentiment envers les personnes dont je dépendais), et je m'accrochais trop à l'idée que je pouvais maîtriser ma vie sans l'aide d'une puissance supérieure à moi-même. Une suggestion qui m'a réellement aidé - et sur laquelle je m'appuie encore aujourd'hui - fut d'aller à l'encontre. Lorsque je suis confronté à une situation qui demande une action de ma part, alors faire l'inverse de ce que j'aurai fait quand je buvais.

Ma première expérience avec cette idée se produisit quand ma première relation amoureuse sobre se désintégra. Mon ancien premier reflex aurait été de chercher immédiatement une nouvelle personne pour me soulager, sans penser aux conséquences et ensuite de me saouler pour noyer ma culpabilité. Aller à l'encontre m'amena à rechercher un ami sobre et à partager mes émotions avec lui. Et puis je restai tranquillement à l'écoute de ce que je ressentais et que j'avais toujours fui -j'ai ainsi appris que je pouvais vivre avec ces émotions et qu'elles passent. Avant cette expérience, je pensais que ce que je ressentais à un moment donné allait durer pour toujours.

Depuis cette expérience, je me suis rendu compte que cela marchait dans beaucoup de situations. Quand je me sens seul et "isolé", ma tendance naturelle est de rester à la maison, m'isoler et je m'apitoie beaucoup sur moi-même. Aller à l'encontre veut dire alors aller en réunion, parler à un nouveau-venu et me sortir de moi-même.

Quand je suis confronté à une différence d'opinion, ma première réponse est de défendre ma position coûte que coûte, en général en tordant la vérité. Dans la sobriété, j'ai appris à poser des questions, essayer de garder un esprit ouvert pour permettre de rester en communication et essayer de comprendre ainsi la position de l'autre personne.

...."

Extrait d'un article anonyme paru dans le Grapevine , le journal des Alcooliques Anonymes américains en Mars 1998

La Deuxième étape invite exactement à cela : aller à l'encontre de mes croyances si établies de dépendant - m'ouvrir à la possibilité qu'une Puissance Supérieure à moi-même peut me rendre la raison et la maitrise de ma vie.

Et puis, cesser de croire qu'une fois abstinent je peux continuer à agir comme je le faisais avant mon abstinence en toute impunité. J'ai compris que cela ne marche pas : pour que cela change il faut que je change.

"Va à l'encontre" est mon nouveau slogan !

Vivez dans la solution,

uN pAsSaNt AnOnYmE

10/15/2008

Qu'est ce que la raison ?

Extrait du Big Book des Emotifs Anonymes - page 43
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Nous n'avons qu'à observer nos comportements passés - crises de colère excessives, comportements compulsifs, bouderie, excès dans le sommeil ou autre chose - pour nous rendre compte qu'ils n'étaient sûrement pas sains ou rationnels. Les propos que nous entendons ne définissent pas le mot "folie" par démence ou folie absolue, mais par le fait de répéter sans cesse les mêmes actions ou comportements en s'attendant à ce que les résultats soient différents cette fois. Une réflexion sur la question nous fait admettre que le mot raison est approprié.
"
Répéter les mêmes comportements inadéquats en s'attendant à des résultats différents par exemple en voulant attirer les abeilles avec du vinaigre, utiliser l'alcool ou autre dopant pour y rechercher le bonheur, manger compulsivement et s'étonner de gagner du poids même en croquant force vitamines...

Donnez-nous vos exemples !

A bientôt,

un passant anonyme

10/12/2008

Me redéfinir ?

Extrait du dépliant "Le chagrin" des Emotifs Anonymes
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Lorsqu'une relation est modifiée ou lorsque nous ne sommes plus capables de définir notre "moi" selon notre lieu de travail ou de résidence ou selon ce que nous possédons, il nous seomble alors qu'une partie de notre "moi" nous a été arrachée. Notre identité et notre manière de nous percevoir et de nous connaître ont été dérangées. Le chagrin nous aide alors à nous redéfinir et à rechercher un sentiment d'unité. En fin de compte, le chagrin est une affaire de guérison, de force et d'unité retrouvées.
"

J'avais décidé de poster cet extrait pour un ami qui est en deuil d'un être cher aujourd'hui. Mes pensées de compassion lui sont acquis et je l'écris ici aussi. Il se reconnaitra.

Et puis lors d'une méditation, j'ai pris conscience que je vis une situation que je ressasse depuis longtemps me demandant que faire ? qu'ai-je fait ? partir ou rester ? me berçant de regrets. Des relations ont évolué dans un sens inattendu et elles me frustrent. Parfois je balance entre ressassements, colère. J'ai l'estomac qui "ulcère" -c'est là généralement que je mange compulsivement. Cela fait mal.

En sortie de méditation , je réalise que je renacle devant le chagrin : ce sentiment de perte si pénible, la perte d'une relation investie . Et qui ne peut perdurer en l'état. La retenir ? Impossible. C'est folie. C'est bien de cette déraison là que la 2e étape parle. C'est bien cette déraison qui est source de ces désarrois. Il va falloir revenir à la raison en acceptant de traverser le chagrin, la perte, le deuil. Accepter de survivre à cela : c'est parfois bien plus facile de rester victime que de tenir débout seul.

J'aime que ce texte parle de la guérison, la force et l'unité retrouvées vers lesquelles mène un chagrin assumé, vécu.

La relation sera différente, que je le veuille ou non. Pour ma part, il me reste à me repositionner, me redéfinir en quelque sorte.

Il a fallu que j'ai bien mal pour l'accepter.

Bonne journée,

un PASsant ANONYME

6/28/2008

Gagner à la loterie

Extrait de l'histoire de John dans les big book des Emotifs Anonymes p130
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... une histoire à propos d'un homme qui avait désespérément besoin d'argent. Il a commencé à prier Dieu en lui disant : "Seigneur, aide-moi à gagner à la loterie"'. Toujours pas d'argent. Finalement, il a dit:"Seigneur, écoutes-tu mes prières ?"Et l'homme entendit la voix de D. lui répondre: "Je t'écoute, et j'ai entendu tes prières. Je voudrais t'aider, mais tu dois d'abord acheter un billet de loterie!" Bien sur, cette histiore n'est qu'une analogie, mais c'en est une bonne. A la deuxième étape, j'ai appris que rien ne nous était offert gratutitement, et que nous devons avoir la foi en quelque chose pour que nos désirs se réalisent.
"
Ce témoignage parle de la foi à laquelle nous introduit la 2é étape.

Dans ma 2é étape, j'en suis venu à croire que si je demande je peux recevoir de l'aide. Demander, dans ce cas, n'est pas un désir flottant et non engagé. Cela doit être concrétisé par un acte ou une pensée d'importance tel un effort aussi petit soit-il, symbolisé ici par l'achat du billet de loterie.

Inversément, lorsque face à un problème que je n'arrive pas à résoudre seul et que je ne fais pas le pas qui me coûte toujours de demande consciente d'aide, alors je suis en rechute. Je suis de retour à la pensée magique, la déraison - le moi omnipotent.

Et le danger de retour à mes maux est bien réel. Alors, je me rappelle cette histoire.

Et vous, avez-vous acheté votre billet de loterie ?

UN passant ANONYME

5/18/2008

Renoncer au résultat

Histoire librement traduite du livre d'E. Kuntz et K. Ketcham "The spirituality of imperfection" p168
"
Il y a quelques années de cela, Patrick décida de participer à une retraite spirituelle. Il savait qu'à cette époque et dans cette région, il y avait pas mal d'actes de terrorisme. Etant un homme prudent et extrêment bien organisé il décida de faire tout ce qui était en son pouvoir pour prendre le moins de risques possibles pendant son voyage.

D'où sa très grande surprise lorsqu'à peine quelques minutes après le décollage, une bombe explosa sous son siège projetant Patrick en dehors de l'avion. Au cours de sa chute dans les airs, Patrick saisi de panique se remémora tous les choix qu'il avait faits - tous ces efforts apparemment si inutiles. Il avait choisi Pan Am au lieu de de TWA comme compagnie aérienne; il avait décidé de changer de vols en cours de route en Suisse plutôt qu'à Francfort où les risques étaient plus élevés; il avait choisi de voyager un Samedi plutôt qu'en semaine; et juste quelques minutes avant le décollage, il avait demandé et obtenu d'échanger son siège avec celui de son voisin.

A ce moment, Patrick était à quelques 8000 pieds d'altitude et sa situation semblait bien désésperée. Du fond de son âme et avec la force de toute sa foi, Patrick cria à l'aide: "Saint François, aidez-moi !"

Soudainement et par magie, une main apparut des cieux, empoigna Patrick par le col de sa veste et le tena là suspendu à mi-cieux quelques milliers de pieds au-dessus de la terre. Alors qu'il reprenait son souffle, Patrick se rendit compte à cet instant qu'il y avait une voix attachée à cette main et qui lui demandait : "Quel Saint François ?
"
J'ai beaucoup ri en lisant cette histoire : de ce rire qui vient de mon vécu ... car je me suis bien reconnu. Dans mon besoin de certitude, dans l'illusion que j'ai parfois que je peux planifier où je vais dans mon développement spirituel, dans le besoin obsessionnel de tout planifier qui revient parfois. Et de mes déceptions quand cela ne se passe pas comme je veux.

Cette histoire me rappelle que j'apprends à cesser de jouer le rôle de Dieu dans ma vie et celle des autres en 2éme étape et en 3éme étape que j'ai décidé de confier les résultats de mes efforts à Dieu.

Alors oui, Patrick c'est moi aussi.

Et vous ?

Un PasSAnT anonYME

10/30/2007

Foi et Espoir : la 2eme Etape

Extrait du "Big Book" des Emotifs Anonymes, p 40

" La foi est la croyance et la confiance en une puissance supérieure à nous-mêmes. Nous n'avons pas à changer radicalement pour avoir à l'aide d'une Puissance Supérieure. Celle-ci nous est offerte exactement là où nous sommes. Si nous éprouvons de la difficulté à développer cette relation, nous pouvons commencer par faire confiance à un autre être humain...
... La deuxième étape nous demande d'admettre qu'il existe une Puissance Supérieure à nous mêmes. Une fois que nous réalisons que nous ne sommes pas tout puissants, nous pouvons essayer d'arrêter de nous prendre pour Dieu pour laisser Dieu être Dieu".

Autant la 1ère étape est celle où j'explore mon problème, autant la 2ème étape est celle de la Solution, pour moi. La Solution passe par l'acceptation que je ne vais nulle part lorsque je suis seul derrière le volant de ma vie. Car j'ai déjà prouvé que j'étais un mauvais conducteur lorsque j'étais un conducteur solitaire. C'est pourquoi l'entrée dans le Programme est toujours précédée de la prise de conscience que "Je ne suis pas Seul"(une des 12 devises)

Il existe donc quelque chose dans l'Univers qui peut être mon Guide, mieux que je ne l'ai été pour moi-même. C'est cela la Puissance Supérieure à nous mêmes, que d' aucuns appellent Dieu.

Et là je cesse d'être Dieu pour laisser Dieu faire son job. Qu'il fait toujours bien mieux que je ne l'imagine.

Et une bonne soirée à vous,

Un PaSsant AnonYme